Sa nou té ka di
Arrogantes !
Insolentes !
Impertinentes !
Que de qualificatifs désobligeants nous étaient attribués sournoisement.
Et pourtant !
Si zòt té savé sa nou menm té ka di !
Tous ces jeunes Damoiseaux,
à l’allure insignifiante,
faisant le beau comme des paons sans plumeau,
ne nous inspiraient que méfiance.
Ils ne savaient sans doute pas,
Qu’en nous affublant, sans raison, de ces attributs désagréables,
ils feraient de nous, sans prétention :
“des fanm djòk” inégalables.
Nous les zappions.
Nous les snobions.
Nous les ignorions.
Nous les surnommions :
Kèkèt agami
Gogo pointu
La vache ki rit
Tèt moulondo
Tous nous laissaient indifférentes.
Des surnoms !
Il y en avaient tant.
Notre père malencontreusement,
prenait toujours un malin plaisir
à en attribuer un à chaque passant.
Paillasse mal bourrée
Buffalo
Chodyè laforèstyè
La sorcière
Santi fouk
Bamboula
Personne ne pouvait échapper à son humour narquois.
C’était, pour lui, une distraction.
Je n’en sais rien.
Sans doute, une façon de leur porter son attention.
Surtout à leur garder leur anonymat.
Bien sûr !
Tous ces surnoms peu orthodoxes étaient son jardin secret.
Bien souvent, on se triturait les méninges pour y associer la personne citée.
Hélas !
Nous n’étions pas dans la confidence.
Tous ces surnoms péjoratifs ne sortaient pas tous de son imagination.
Loin de là.
Certains provenaient de la population elle même.
Personne ne s’en offusquait.
Seul l’intéressé sans doute !
Nul ne le sait !