Mo ti koté

Saint Laurent mo ti koté

A la mo fèt

A la mo lonbri planté.

Saint Laurent, ce petit Paris d’antan

Que sont devenus les amandiers qui bordaient ta rue ?

Ils nous faisaient la révérence et comme une haie d’honneur, ils nous menaient jusqu’à cette petite église au bout de la rue.

Aujourd’hui remplacés par du macadam,

tout cela nous donne du vague à l’âme.

Oh Saint Laurent !

Que sont devenues tes rues rectilignes et d’une propreté exemplaire où seules quelques feuilles éparses emportées par le vent virevoltaient par moment ?

Aujourd’hui, tes eaux saumâtres où nous barbotions comme des canards ont fait place à une eau chargée de détritus en tous genres.

La flopée de bambins qui parcourait tes chemins a disparu.

Cloîtrés dans leur chaumière, ils attendent avec résignation que cesse cette insécurité.

Certains relatent avec amertume, les souvenirs heureux de leurs aïeux en songeant à ce bonheur qu’ils n’ont pas connu.

Le temps s’en est allé et avec lui, la sérénité d’antan s’est envolée.

Il ne reste plus rien,

que désolation et dégradation, insécurité et anxiété !

Saint Laurent, jouk ki koté to lé alé ?

Le tocsin résonnera-t-il bientôt ?

Résonnera-t-il bientôt pour nous annoncer que des hommes mal intentionnés ont pris le pouvoir?

Résonnera-t-il bientôt pour nous annoncer que nous sommes redevenus esclaves d’un nouveau genre?

Mé zanmi, maré zòt kanmza !

Pa rété djokoti dèyè zòt lafinèt.

La ville réclame votre adhésion pour l’aider à sortir de l’ornière.

La ville réclame votre adhésion pour retrouver la sérénité et la sécurité.

Inutile de vous apitoyer sur votre sort.

Vous êtes les artisans de votre malheur.

Les bâtisseurs de cette situation néfaste.

Atò, bay zòt kò roun balan !

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