Les urubus

Comme un tourbillon noir, ils arrivaient de partout,
Scrutant de leurs yeux de vautour
une éventuelle proie.
Tournoyant dans les cieux pareils à des enfants heureux
Ils semblaient s’adonner
à une ronde effrénée.
Puis, d’un coup d’ailes fracassant
on les voyait atterrir
sans crainte et sans frémir
dans nos rues
désertes et somnolentes.
Jouissant de cette aire comme si elle leur était réservée,
ils diffusaient dans les airs une odeur fétide de pestiféré.
Parfois, ils restaient là figés,
le cou droit,
le port altier.
Ils paraissaient repus et résignés après une orgie où ils s’étaient gavés.
Soudain, ils s’envolaient à tire d’ailes
comme attirés par un appel pour se déchaîner sur les chemins quelques mètres plus loin.