Les 'djobeurs' de la Toussaint
Devant les cimetières, s’amoncellent sable et gravillons.
Les djobeurs se pressent au portillon.
Petits et grands,
parents et enfants
sont , pour un moment, devenus des concurrents.
Le seau à la main où s’entassent pêle-mêle: brosse, savon, chiffon.
Ils pensent déjà à demain.
Rempliront-ils leur besace de billets et de pièces ?
Nul ne le sait !
Ils sont là , joyeux,
le cœur plein d’élan.
Ils attendent avec impatience leurs “clients” bien vivants.
Ces “clients” qui leur mettront du baume au cœur.
Leurs arguments sont nombreux.
Les mots sont choisis pour la circonstance.
Pour réveiller les consciences ,
ils clament à tous vents,
la qualité de leur besogne.
Ce ne sont pas des mendiants;
ils profitent de l’occasion pour améliorer leur quotidien.
Ils savent que, pour certains, les souvenirs se sont éteints.
Mais c’est la coutume,
il faut s’en tenir aux us.
Le souvenir posthume de leurs défunts
s’est ravivé aujourd’hui.
Qu’importe !
Pour d’autres, être fidèle à ses morts, c’est les faire revivre avec eux.
Le fil ne se coupe pas,
il s’est simplement distendu.
Les gens ont des émotions qui ne sont pas les mêmes.
On dit que:
“La mort laisse une peine que personne ne peut guérir.”
Pensons à dire: “je t’aime” à ceux que l’on aime, pendant qu’il est encore temps.