Le Maroni
Toi , dont la couleur de tes eaux saumâtres qui ne reflétaient pas ce ciel bleu de notre petit coin de paradis, a effrayé bien des touristes.
Ta couleur m’est restée en mémoire comme un papier jauni sur lequel sont gravés mes souvenirs de jeunesse.
Toi le Maroni, où nous avons vogué tant de fois dans un modeste canot de bois,
avec notre père lorsqu’il partait pour ses parties de pêche.
Toi qui nous as porté pour nos visites furtives chez notre voisine Albina “la convoitée”, pour ses friandises, ses bowlous, son pinda enroulé comme des petites cigarettes …et sa limonade..
Toi le Maroni, qui semble si tranquille.
D’allure nonchalante et voluptueuse,
tu nous réserves maintes surprises tout au long de ton cours.
Tes eaux tumultueuses, parsemées de so vers les contrées lointaines, ont connu bien des naufrages.
Et pourtant !
Ton souvenir est indélébile.
Les petites maisonnettes des Anamites,
perchées sur pilotis au dessus de tes eaux attiraient des regards curieux.
Le Maroni, fleuve fougueux et parfois indomptable, nos piroguiers ont fait de toi un atout et une source de vie inestimables.