Dame nature
Que vous ai-je fait pauvres mortels ?
Vous me piétinez
Vous m’agressez
Vous me détruisez
Ne vous ai-je pas nourris depuis la nuit des temps?
Ne vous ai-je pas bercés dans mes eaux limpides et bienfaisantes
Ma chair est triste et mon cœur se déchire.
Je vous ai fait tant de bien
Je récolte tant de méfaits.
Votre âme indifférente
n ‘éprouve ni remord ni repentance.
Sans vous retourner
sans un regard de pitié
Vous sillonnez gaiement mes sentiers
Laissant derrière vous détritus et désolation.
Mes eaux sont polluées
Les sapajous, les ouistitis, les kwatas privés de nourriture, se meurent lentement.
Les aras, les gros becs, les perroquets s’enfuient à tire d’ailes pour éviter vos attaques mortelles
Pour éviter votre appétence à tuer sans nécessité.
Les pécaris , les tapirs, les tatous
“prennent leurs pattes à leur cou”.
La déforestation excessive les prive de leur nourriture quotidienne.
Je subis les affres de la pollution
Bientôt vos yeux ne verront que vide et déserts.
Vous n’entendrez plus le murmure de mes eaux sur les rochers.
Vous n’entendrez plus les chants des oiseaux cachés parmi les branchages.
Vous ne pourrez plus respirer l’air frais qui s’exhale de mes forêts.
Le charme se sera envolé.
Votre inconscience m’exaspère
et suscite bien souvent ma colère.
Sans état d’âme, je m’abats sur vous sans crier gare avec force et fracas.
Alors en versant une petite larme ,vous direz:
“Si on avait su.”..
Hélas!
Le temps perdu ne se rattrape pas.